Mar 16

VILLA GILLET : une Diva dans la tourmente

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U.D.I. Ville de Lyon

Conseil municipal, lundi 14 mars 2016

Chambre régionale des comptes

Intervention de Fabienne Levy

Voilà enfin l’objet tant attendu. Nous avons le rapport sous les yeux et j’avoue qu’il ne peut nous laisser indiffèrent
Ce rapport a charge, très à charge n’est pas étonnant pour ceux et celles comme moi élus depuis plus d’un mandat !
L’histoire de la Villa est une belle histoire autour d’un bel immeuble dans un parc plein de cerises !
Cette Villa abritait donc des bureaux puis une salle de spectacle avec pour vocation l’art contemporain et les initiatives en matières artistiques.
Bien vite, ce lieu emblématique d’une culture où toutes les cultures se retrouvaient voulut faire évoluer ses objectifs et son Directeur séduisant intellectuel de haute volée , proposa aux élus de la ville de Lyon d’entrer dans les conventions Etat Régions :nous étions dans les années 2002 …
La ville à la recherche de tout ce qui pouvait la mettre en avant n’hésita pas à se ranger derrière cet homme aux idées novatrices !
En plus les Subsistances subsistaient bien doucement et chacun s’accorda pour proposer à Guy Walter une double direction.
J’avertissais gentiment en ce temps éloigne (2004) le danger du mélange des genres et des budgets très peu conventionnels.
Mais déjà la villa voguait vers son avenir ! Laissant la bride très lâche (comme d’ailleurs les autres partenaires) à Guy Walter, Diva de la culture lyonnaise, homme au carnet d’adresses mieux achalandé qu’un ministre de la culture et au fond pourquoi pas ? C’est pour cette raison aussi que je n’entrerai pas dans la cabale car au fond Guy Walter a une facilité de monter des évènements qui ont une sacré gueule et d’organiser des débats de très haute volée !
Mais voilà je ne suis pas une critique littéraire pas plus qu’une observatrice détachée je suis élue et donc j’ai la responsabilité aussi même si je ne suis que dans l’opposition de constater les énormes dérives, les erreurs de gestion et de vous poser des questions, et de faire des propositions.

Le rapport est accablant, la Chambre pointe en vrac :
– Une gouvernance ou les membres sont peu nombreux mais surtout peu présents avec donc un conseil d’administration et une assemblée générale fantomatiques
– Une direction salariée prédominante, décisionnaire et une absence de contrat de travail à jour depuis 20ans et qui plus est des augmentations salariales importantes non décidées par les organes de l’association
– Et très drôle un directeur qui n’a pas de délégations formalisées comme la signature ! Il n’est donc pas responsable ! Mais je dois dire surement coupable !
– Un financement public dispersé et peu coordonné,
– Des comptes insuffisamment fiables
– Des charges et frais professionnels trop importants,
– Pas de comptes rendus financiers qui sont pourtant obligatoires
– mais ma collègue Laurence reviendra sans doute mieux que moi sur ces points financiers et je l’en remercie !

Il serait facile de ne se pencher que sur cette phrase si incroyable « la gouvernance s’est avérée défaillante et les actes de gestions les plus importants sont réalises par la direction salariée de l’association »
Au passage on dirait une copie collée des subsistances !

Mais l’objectif de notre groupe aujourd’hui est autre.
Au regard des réponses du Président de l’association et des vôtres, Monsieur Colomb, je ne suis pas sure que chacun ait pris conscience de la gravité de cette histoire qui entre dans une réalité qui n’a plus rien de romanesque !

Bien sur les activités de la Villa Gillet ont beaucoup évolué depuis 2007, avec la création des Assises du roman , le festival Mode d’Emploi depuis 2012 et le festival Wallis and Bridges (entre 2011 et 2013), qui a fait exploser budget et attitude irrégulière de son directeur !
L’exception culturelle ne peut justifier ces dérives !
Ici à Lyon nos décisions sur la Villa Gillet et les Subsistances sont regardées par le monde culturel !
Si en l’espèce, nous ne prenons que des décisions superficielles et légères quel signe donnons nous aux autres institutions culturelles ?

Alors oui il y a défaillance des collectivités une défaillance collectives et inadmissible !
Monsieur Collomb votre réponse qui tient sur une petite page est vraiment incroyable !
Au lieu d’attaquer la Chambre sur l’idée qu’elle se mêle de ce qui ne la regarde pas concernant notre activité culturelle métropolitaine et de préciser que pour la ville de Lyon elle mettra en place un suivi plus affiné
Pour quoi ne pas avoir reconnu le laisser faire et fait des propositions dignes de ce nom ?
Peut être attendez vous que nous vous suggérions quelques voies ?
Ce serait super une culture partagée par tous transparente exemplaire avec l’exigence des financeurs non sur le sujet choisi ou la thématique mais sur l’idée de la transmission ?
Alors voilà quelques propositions sur ce sujet que vous pouvez entendre ou pas !
Passer d’un statut d’association à celui d’un EPCC.
Ce statut vous en souriez !mais il permet de vrais objectifs et de vrais contrôles financiers !
Mais si vous voulez continuer sur le statut d’association alors prévoyiez des arrêts sur actions !
A savoir nous demandons à participer en tant qu’élu avec un représentant des élus par groupe au conseil d’administration ou au bureau pour une vraie transparence parce que dans le fonctionnement quotidien, l’association a manqué de professionnalisme avec des procès verbaux insuffisants, et des lacunes dans la formalisation des délégations de pouvoirs et une dérive des salaires et du budget.

En réalité, le problème central est que la gouvernance de cette association n’a pas évolué depuis des années alors que les activités de la Villa Gillet se sont elles beaucoup développés et avec elle le budget. Ce budget a plus que doublé en quelques années avec deux festivals, Mode d’emploi (1,03 millions) et les assises du romain (578 000 €).

Le statut d’association fermée n’est donc plus adapté. On a le sentiment que c’est une association qui fonctionne « entre amis » dans laquelle le processus de décision est simple, rapide mais floue. Il faut que les règles de gouvernance figurent “gravées dans le marbre”.

J’ajoute que l’association devrait se doter d’un règlement intérieur, en complément des statuts.
Concernant le fonctionnement, je suis sure que la nouvelle région nous laissera seule sur ce point important revenant à ses fondamentaux à savoir une subvention au projet !

Alors nous Ville de Lyon comment valoriser notre contribution ? Puisque comme aux Subsistances le niveau de contrôle est insuffisant
Pour rappel le financement public est de 2,6millions d’Euros sans comptez les subventions particulières pour les festivals !

Aujourd’hui la ville met à disposition de l’association le bâtiment de la Villa Gillet, dans un parc public, estimée à une valeur locative annuelle de 135 000 euros. La convention de bail arrive à terme le 2 avril prochain, que comptez vous pour clarifier le statut d’occupation ?

D’après le rapport, les 2 autres associations hébergées dans l’immeuble ne disposent d’aucune autorisation expresse ! Que comptez vous faire ?pour une bonne valorisation de cette occupation ?
Enfin Monsieur Kepenekian et Madame Picot vous êtes aux manettes de la politique culturelle allez vous profitez de cette situation exceptionnelle pour nous dire en fin de quoi va être faite votre politique culturelle ?
Définir enfin la mission culturelle de la Villa et des subsistances ?
Pourquoi continuer à accepter sans vergogne une politique culturelle exclusivement tamponnée GUY WALTER ?
Même si la Villa Gillet et les Subs sont un élément moteur de notre espace culturel nous ne sommes pas dans la contestation politique provincialiste et fallacieuse voir réactionnaire …
N’ayez crainte ce ne sont pas mes mots mais les mots prononces par Guy Walter à mon encontre … en 2008 !
Ca m’avait beaucoup amusée mais surtout navrée.
Nous sommes juste dans la justice et dans la rigueur nécessaire parce que nous aimons notre ville et sa résonnance en dehors de ses murs.
Alors nous demandons très clairement que l’association présente un projet stratégique pour les prochaines années, avec des budgets prévisionnels, et des statuts rénovés et que vous écoutiez nos demandes !
C’est la moindre des choses !
Je vous remercie